Martin, 47 ans est employé. Il s’est rendu chez son médecin car il se sent épuisé, il n’a plus d’entrain, plus d’envies. Il a laissé de côté la moitié des entraînements le foot, mais il apprécie de plus en plus de boire son verre en rentrant du travail. Il dort de plus en plus mal, fait des cauchemars, se sent irascible, vite agacé par ses enfants. Il me dit qu’il n’a pas le moral, et même des idées noires.

Je lui demande quand çà a commencé… il réfléchit et visite le passé, …il y a 2 ans, lorsqu’on a changé l’organisation du travail. Un nouveau manager est arrivé, avec de nouvelles consignes, et surtout des objectifs qui lui semblaient très éloignés des actuels. Martin gérait ses dossiers de A à Z, prenait contact avec la succursale et les fournisseurs, communiquait avec le service clients pour échanger de l’information qu’il prenait en considération pour ses campagnes. Du jour au lendemain, son travail a radicalement changé, il consiste à remplir les formulaires, établir un reporting très codé, encoder les interventions du SAV. Ce travail l’ennuie. Il n’est plus gai, motivant pour lui. Martin ne voit plus de sens à son travail. Martin est un exemple parmi tant d’autres,… une victime de la perte de responsabilités, de sens au travail.

L’être humain a besoin de mettre du sens dans son travail pour s’y épanouir, c’est à l’entreprise à y veiller.

La segmentation des tâches impliquant un caractère répétitif et l’absence de réflexion dévalorisent. Ces pratiques peuvent plonger la personne dans des états dépressifs.  Actuellement certaines entreprises prennent pourtant cette option avec pour objectif une réduction de coût. Elle est totalement illusoire. Une entreprise rentable est avant tout humaine, elle mise sur l’épanouissement de son personnel à long terme.

Moins d’effort physique… plus de fatigue ?

Ce week-end, j’ai été interviewée par L’Avenir (édition Liège) sur cette question devenue centrale dans les organisations. Contrairement aux idées reçues, la fatigue professionnelle moderne n’est plus liée à l’effort physique. Elle provient d’une sollicitation cognitive permanente. Le travail contemporain mobilise en continu :

• l’attention
• la gestion des openloops (boucles ouvertes)
• la prise de décision rapide
• la gestion de l’incertitude
• l’adaptation permanente
• la disponibilité émotionnelle
• la réactivité aux interruptions

 

Nos journées ne sont plus structurées par des tâches successives, mais par une fragmentation constante : réunions, mails, messages, arbitrages, changements de priorités,...

 

Le cerveau reste en vigilance quasi continue. Ce qui épuise aujourd’hui n’est pas seulement la charge de travail, mais :

  • devoir décider sans cesse
  • ne jamais atteindre de véritable sentiment de clôture
  • absorber des informations contradictoires
  • rester disponible pour des demandes imprévisibles
  • passer d’un sujet à l’autre sans récupération

Les neurosciences parlent de fatigue décisionnelle : chaque micro-décision consomme des ressources mentales. Beaucoup de professionnels pensent être débordés… alors qu’ils sont surtout saturés. On peut terminer une journée assis et pourtant profondément épuisé.

 

Fatigue au travail, causes individuelles ou organisationnelles ?

Chez Happy Corporate, nous observons que la performance durable ne dépend pas uniquement des compétences ou de l’engagement, mais de ce que j’appelle :

L’infrastructure humaine de performance : l’ensemble des conditions organisationnelles, cognitives et émotionnelles qui permettent aux individus de fonctionner avec énergie, lucidité et stabilité.

Ignorer cette dimension conduit à une baisse progressive de la qualité des décisions, de l’innovation et du climat de travail. La fatigue invisible n’est pas un problème individuel : c’est un signal systémique.

 

Vous décidez de protèger l’énergie mentale de vos équipes ? Vous disposez d’un avantage compétitif majeur !
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